Venise la Magnifique :: A la recherche de réconfort
   
  FAQ Search Memberlist Usergroups Profile Register Log in  
Log in to check your private messages
     
 
A la recherche de réconfort

 
Post new topic   Reply to topic    Venise la Magnifique Forum Index -> Le Palais du Prince Botelli -> Les Jardins
Previous topic :: Next topic  
Author Message
Aylan Braccionni
Garde du corps du Prince Botelli

Offline

Joined: 26 Sep 2006
Posts: 208
Localisation: Près de mon Seigneur,à souffrir milles morts

PostPosted: 18/10/2006 16:09:48    Post subject: A la recherche de réconfort Reply with quote

Aylan courait….encore et toujours…..plus vite…en direction des jardins.
Il devait s’éloigner de ce maudit Palais qui lui rappelait sans cesse que son existence et sa propre vie ne lui appartenait plus. Qu’à présent, il se trouvait entre les mains d’un démon qui ne le considérait que en tant qu’objet, nullement en temps que personne.
Mais malgré tout cela, cet homme, il l’aimait d’un feu ardent, qui le consumait à chaque instant, l’enrobant de ses brûlures qui ne guériront jamais….pourtant, tout cela, Aylan l’acceptait sans broncher.
En se recouvrant le visage de ce masque, Aylan savait qu’il ne ferait qu’un avec la souffrance. Pourtant, pour rester auprès de lui, il était prêt à tout….le fait de battre son propre frère en avait été une preuve…..une parmi tant d’autres.
Une preuve qui le laissait agonisant dans la souffrance et le regret.

Deux sentiments qui l’avait poussé à venir se réfugier dans les somptueux jardins du Palais, qui recouvraient une énorme parcelle de terrain.
Ce monde de verdure réunissait les plus belles espèces végétales, pourtant, Aylan, les yeux brouillés de larmes n’avait pas cœur à s’émouvoir face à ce spectacle enchanteur….non, il courait à en perdre haleine, il s’enfonçait au fond de ce royaume végétal.
Sur son passage, bon nombre de serviteurs, démons ou simples jardiniers se retournaient, visiblement surpris de voir le garde du corps du Prince Botelli courir, comme s’il avait le Diable à ses trousses.
Oui, Aylan courait, pour échapper à l’espèce démoniaque, pour retrouver un moment de tranquillité et de quiétude, s’isoler dans l’espoir d’épancher sa tristesse et son désespoir…..dans l’espoir d’avoir un peu de répit.
Rapidement, les rosiers laissèrent place aux nombreuses allées d’arbres centenaires….mais Aylan courait toujours, l’écho de sa respiration haletante résonnant à ses oreilles, tandis que la sueur commençait à couler sur son visage.

S’enfonçant profondément dans ce jardin, Aylan continuait à courir, pourtant, le bruit du fouet se plaquant contre la chair tendre de Chiaro lui parvenait toujours….les blessures et le sang, qui coulait abondamment étaient toujours fixés sur ses rétines. Rapidement, Aylan fut forcé de s’arrêter.
Il était parvenu au bout du Jardin, à sa limite…..limite marquée par un sorte de kiosque, d’une fontaine et de nombreux bosquets.
Cet endroit était emplis de nostalgie pour l’aîné Braccionni. En effet, c’était ici que lui et Mefisto avait passés de longue heures à chahuter gentiment, à l ‘époque où il n’étaient encore que des enfants insouciants et joyeux…..mais cette époque était révolue à présent. Tout deux avaient fait face à leurs destins communs et rejetés les bons souvenirs pour ne regarder que vers l’avant.
Pendant un long moment, Aylan, le souffle sifflant et haletant observa ce kiosque….rien n’avait changé ici.
Glissant au sol, il tomba à genou, les mains posé sur le gravier de l’allée, tandis que ses larmes s’écoulaient à nouveau, se mélangeant rapidement avec la sueur accumulée.
Serrant les dents, Aylan luttait contre les sanglots…..ses doigts raclèrent le gravier, faisant un son assez strident et macabre.
Rejetant la tête en arrière, il hurla sa frustration, les joues baignées de larmes, labourant le sol de ses doigts, qui ne tardèrent pas à saigner au contact répétitif du frottements des pierres grises du gravier.
Un long écho suivit son hurlement, pourtant, maintenant qu’il avait ouvert la trappe qui confinait ses sentiments, Aylan était parfaitement incapable de se ressaisir.
C’est ainsi qu’il se mit à pleurer doucement d’abord, avant d’émettre de longues plaintes de plus en plus fort, à mesure que les larmes coulaient.
Rapidement, le gravier sous ses mains prit une teinte rouge, alors qu’il continuait désespérément à frotter ses mains dessus.

_________________
"Chaques instants près de toi me tue un peu plus.....pourtant,je respecterais ma promesse.
Back to top
Ilario Botelli
Membre

Offline

Joined: 30 Sep 2006
Posts: 95

PostPosted: 19/10/2006 17:06:58    Post subject: A la recherche de réconfort Reply with quote

Lorsque le jeune Dauphin, blessé dans sa chair et humilié au plus profond de son âme, s’était enfui de la chambre de son frère aîné qui l’avait traité d’une manière absolument ignoble et révoltante (du moins, à ses yeux), il n’avait pas eu la moindre envie de s’enfermer dans sa chambre où Chiaro, Aylan, ou Mefisto auraient pu le retrouver sans peine. Essuyant rageusement ses larmes et son sang de son joli visage en utilisant pour ce faire un élégant et délicat mouchoir de soie fine et brodée, il avait couru hors du Palais, voulant quitter cette impression d’étouffement et de honte. Mais il n’eut pas bien le temps de s’éloigner : son corps peu habitué à des efforts autres que ceux de ses batifolages en chambre, le laissa bientôt pantelant et essoufflé, seul dans les sublimes et raffinés jardins, reflétant toute la puissance et la noblesse de la famille princière de Venise.

Il fut donc bien forcé de continuer son chemin à pied, relevant la tête et prenant un air blessé et sombre, marchant élégamment tout comme il l’aurait fait pour une ballade d’inspiration poétique. Gracieusement, il repoussa une mèche sombre de son visage blanc. Elle lui chatouillait le nez, la vilaine. Et avec sa colère brûlante et pulsant encore au fond de son cœur, un rien l’agaçait. Quittant le chemin pour traverser plus rapidement les jardins, il marchait sans la moindre once de respect sur les fleurs soigneusement taillées et ajustées par les jardiniers, en écrasant même quelques unes exprès, pour passer sa colère et donner du travail à ces fainéants de jardiniers. En bon enfant gâté qui vient de se faire réprimander et refuser un caprice, il songeait déjà vicieusement à comment se venger, et obtenir ce qu’il voulait tout de même, avec ou sans l’accord de Mefisto. Il voulait son Lycan, il l’aurait, et emploierait tous les moyens pour ça. Il pourrait soudoyer un de ces démons nobles, dont certains seraient prêts à lui lécher les doigts de pied s’il l’avait désiré…

Il arrivait déjà aux limites des jardins. Ilario, lui, n’avait pas spécialement joué par ici dans son enfance, mais connaissait bien les lieux pour avoir si souvent fait le mur dans ces environs. Totalement inconscient qu’à cet instant même Chiaro recevait une punition mille fois plus dure que la sienne, pour une faute bien moins grave, Ilario contourna le kiosque, se plongeant dans son ombre. Il s’adossa contre le bois, et se laissa glisser, jusqu’à se retrouver assis à terre. L’élégance faisait à présent partie intégrante de son caractère et de sa manière d’être, même lorsqu’il n’y pensait pas. Ainsi, sans même s’en rendre compte, il formait un tableau à lui seul. Une jambe allongée au milieu de l’herbe douce et touffue, et l’autre repliée contre son torse, il réprima un sanglot. Ses joues lui lançaient encore, et son poignet était douloureux.. Il leva lentement sa main vers sa lèvre fendue, l’effleurant du bout de ses doigts. La plaie ne saignait plus, mais était horriblement douloureuse. De son bras libre, il entoura sa jambe, et posa son front sur son genou, s’apprêtant à pleurer sa colère en toute quiétude, et sans témoins cette fois. Un petit papillon d'un blanc immaculé vint se poser sur sa chevelure d'ébène..

Mais alors que ses larmes n’avaient pas encore eu le temps de couler de ses yeux embués, il fut interrompu. Et interrompu brusquement. Un son strident et ignoble lui avait comme percé les tympans. Le Prince cadet Botelli sursauta, relevant vivement la tête, les yeux écarquillés. Le papillon s'envola. Mais le son provenait de l’autre côté du kiosque, là où se trouvait le sentier de gravier.. Mais ce son n’était rien comparé au hurlement inhumain qui le suivit, faisant dresser les cheveux de Ilario sur sa nuque.. Mais une indignation princière effaça bien vite sa stupeur du moment.. Qui OSAIT venir perturber SON instant de douleur solitaire ? Ah, ça, c’en était trop, il allait faire torturer et renvoyer le vulgaire servant ou jardinier qui avait eu l’indélicatesse de venir lui hurler dans ses si sensibles oreilles princières !

Il se leva avec cette intention en tête, et contourna d’un pas vif le kiosque, se dirigeant vers les lamentations et sanglots qu’il entendait à présent. Mais il s’arrêta net alors qu’il allait s’insurger contre l’impudence du vulgaire bouseux. Sauf qu’il ne s’agissait pas d’un vulgaire bouseux, justement. Cette forme prostrée au sol.. Qui d’autre que Aylan s’évertuait à se traîner ici et là, jour après jour, une cape blanche aussi tape-à-l’œil et encombrante ? Mais Aylan, pleurer, crier, griffer le sol comme un chat en chaleur ? Non, c’était ridicule et impossible. Aylan ne pleurait jamais. Et Ilario était bien placé pour savoir que le garde du corps de son frère était en pleine forme, aussi autoritaire et froid que d’habitude : il l’avait vu quelques minutes auparavant, dans une situation plus qu’humiliante.

En silence, Ilario s’approcha d’un pas svelte et chaloupé, intrigué par ce spectacle. Il dut réprimer un hoquet de surprise lorsqu’un rayon de soleil s’attarda sur le masque d’or, le faisant étinceler. Il n’avait plus à hésiter sur l’identité de cet individu.


"…. Aylan ?"

.. souffla-t-il d’une voix douce et hésitante. Ses cheveux étaient un peu emmêlés, et sa chemise de soie assez entrouverte pour dévoiler une part de son torse fin et frêle. Il avança d’un pas, posant son pied chaussé de cuissarde sur le gravier, le faisant légèrement crisser. Posant une main sur son genou, il se pencha, inclinant la tête sur le côté comme pour vérifier encore qu’il s’agissait bien de lui. Il tendit gracieusement sa main vers le garde du corps, paume vers le ciel, dépliant ses longs doigts fins et pâles..

"Tu.. ça va ?"

.. demanda-t-il, ne trouvant rien de mieux à dire. Ce spectacle brisait totalement l'image qu'il avait du garde froid et impassible. Et c’était assez pour perturber le jeune Dauphin au point de lui faire oublier qu’il en voulait à Aylan autant qu’à Mefisto, et qu’il aurait dû profiter de cette occasion pour rabaisser Aylan à son tour et se venger ainsi de sa terrible humiliation.
Back to top
Aylan Braccionni
Garde du corps du Prince Botelli

Offline

Joined: 26 Sep 2006
Posts: 208
Localisation: Près de mon Seigneur,à souffrir milles morts

PostPosted: 21/10/2006 12:37:48    Post subject: A la recherche de réconfort Reply with quote

Malgré le sang tâchant le gravier, la douleur lancinante qui fourmillait le long de ses doigts meurtris n’était rien comparé au ravage de souffrance qui sévissait dans son cœur.
Oui, derrière ce masque se cachait un humain…..plutôt vu comme une machine pour certain, d’autres le qualifiait d’Ange de la Mort…..mais Aylan était avant toute chose un être vivant.
Une entité à qui on avait tout pris, jusqu’à son visage et ses sentiments.
Un démon condamner à errer comme une simple poupée sans âme dans les rues de Venise….mais cela, ça faisait longtemps qu’il s’y était résigné…N’être qu’un simple outil entre les mains du plus puissant d’entre tous, pour qui sa vie n’avait aucune signification.
Condamner à suivre des ordres parfois aberrants et injustes….sans pouvoir émettre la moindre objection.
Le châtiment qu’il avait lui-même infligé à Chiaro en était la preuve flagrante. Etre obligé de le fouetter pour une faute qu’il n’avait pas commis, voir ce sang couler par la faute du jeune Dauphin, de son égoïsme.

Voilà ce que pleurait Aylan…un destin tragique qui vous condamnez simplement à cause de votre nom.
Chacune de ses larmes étaient destinées à son frère….pauvre petit être faible qui n’avait rien demander….Que l’on avait arraché de force de son cocon familial aimant et libre.
Jeune démon destiné à présent à un monde de servitude et de souffrance…lié à un membre de la famille princière qui se moquait royalement des répercussions de ses actes.
Répercussion qui avait forcé Aylan à mutiler ce tendre dos, à faire couler son sang.

Se mutilant lui-même contre les graviers, Aylan cherchait dans les blessures et la souffrance sa rédemption, le pardon que seul Chiaro serait capable de lui accorder.
Chaque goutte de sang qui souillait le gravier était destinée au jeune Braccionni…avec l’espoir qui perdrait autant de fluide vital, Aylan continuait obstinément à racler le gravier, les sillons de ses larmes salées marquant ses joues, tombant sur le gravier, formant ainsi de nombreuses tâches sombres aux endroits où elles s’étaient calmement et silencieusement écrasées.

S’abandonnant corps et âme dans sa quête de rédemption, le garde du corps n’avait nullement entendu des pas feutré s’avancer dans sa direction.
Pas tout d’abord étouffés par l’herbe verdoyante du parc….puis s’écrasant bruyamment contre les gravier.
Mais les grincements désagréables qu’il produisait ainsi que les hurlements de lamentations qui s’échappaient de sa bouche étouffaient les bruits alentours.

Mais quelques secondes plus tard, tout son univers de désolation s’ébranla au moment où il perçut une voix…..une voix craintive….plus un murmure qu’autre chose.
Les yeux écarquillés, la bouche entrouverte, la respiration haletante, Aylan restait là, totalement figé.
Quelqu’un l’avait découvert dans cette situation….ON l’avait découvert dans cette fâcheuse posture.
Qu’adviendrait-il de lui à présent….cette personne avait clairement pu constater que ce garde du corps au prime abord effrayant cachait des sentiments…..qu’après tout, il était un être vivant au même statut que les autres. Qu’il était composé de chair et de sang…
Une seule solution s’insinuait dans son cerveau. La mort. Oui, il devait tuer ce gêneur qui avait pu…su le percer à jour.
A ses côtés, un crissement lui fit comprendre qu’IL avançait.

Les larmes continuant à s’écouler lentement le long de ses joues, Aylan resta pétrifié, chaque muscles de son corps contractés, prêt à bondir à moment le plus importun.
Sur sa droite, un genou se plia……….ça y est, il se mettait à genou, s’avançant dangereusement de lui.
Au moment où cette main s’approchait de son bras, il tourna lentement la tête pour faire face à son ennemi………mais quelle fût sa surprise de croiser le regard sombre d’Ilario Botelli.
In capable de réprimer un hoquet de stupeur, il observait sans comprendre le jeune Dauphin….suite aux évènements, il aurait juré que le jeune Ilario serait dans sa chambre, à se venger honteusement sur n’importe quel objet se trouvant aux alentours.
Pourtant, il se trouvait en face de lui, portant encore les stigmates de la correction qu’il avait reçu.
Voir le Dauphin, lui murmurer si tout allait bien…voir son visage emplit d’étonnement.
Ne pouvant se contenir d’avantage, Aylan baissa à nouveau la tête, le flot de ses larmes augmentant en abondance….Non, il était incapable de faire face à ce visage.
De honte que le jeune Botelli ai pu le voir dans cet état, il plaqua ses mains ensanglantées contre son visage, se dissimulant lui et ses sanglots derrière ce rempart de chair.

_________________
"Chaques instants près de toi me tue un peu plus.....pourtant,je respecterais ma promesse.
Back to top
Ilario Botelli
Membre

Offline

Joined: 30 Sep 2006
Posts: 95

PostPosted: 22/10/2006 20:15:52    Post subject: A la recherche de réconfort Reply with quote

Ilario cligna des yeux, hésitant, souhaitant comprendre comment Aylan avait pu changer aussi radicalement en l’espace de moins d’une demi-heure.. Comme hypnotisé par le sillon de larmes brillant sur la joue visible du garde, Ilario restait bouche bée, ne sachant que dire, comme si son cerveau bloquait devant ce spectacle qui n’avait rien de commun.. Et voilà que Aylan plaquait ses mains sur son visage masqué, cachant ce que le masque d’or à la forme si particulière ne cachait pas déjà. Ilario frémit d’horreur à la vue de ces doigts déchirés et meurtris, suintant de sang. L’odeur du sang et de la souffrance était lourde dans l’air, et particulièrement étouffante. Ca le mettait mal à l'aise. Contrairement à son frère Mefisto, il ne raffolait pas particulièrement du sang en-dehors des batifolages lors de l'acte sexuel, où ça pouvait s'avérer plaisant.

D’autant plus qu’en tant que Démon, Ilario avait un odorat très fin et raffiné, et le don inné de ressentir les émotions d’autrui.

Et ce qu’il ressentait chez Aylan était insupportable, allant largement au-dessus de sa propre conception de la souffrance. Pour le jeune Dauphin libertin et couvé, les gifles de Mefisto, c’était de la souffrance. Qu’on lui refuse un esclave lycan, c’était de la souffrance. Ne pas pouvoir goûter à certains plaisirs dans l’immédiat, c’était de la souffrance. Dans son petit monde douillet et réduit, son éventail de sensations ou même de sentiments était en fin de compte assez restreint. Il ne connaissait pas l’amour de la famille. Mefisto était un individu de plus pour lui. C’était le Prince de Venise et un fantasme avant d’être son frère, à ses yeux. Il n’avait parlé qu’une ou deux fois à son père avant qu’il ne meure. Il ne connaissait pas non plus l’amour ni l’amitié, n’ayant jamais eu d’amis, et trop borné et imbu de lui-même pour seulement considérer qui que ce soit comme un possible ami.

A vrai dire, Ilario s’était peu à peu restreint sans même s’en rendre compte, à la lubricité seule. Il ne voyait les êtres qui l’entouraient que dans le simple objectif de goûter en eux les plaisirs de la chair. Généralement, quelle que soit la situation ou le lieu, lorsqu’il rencontrait un inconnu, la première chose qui lui venait à l’esprit était de se demander quels plaisirs nouveaux pourrait lui procurer cette personne. Il n’était plus bon qu’à ça, depuis plusieurs décennies déjà.

Il n’était donc pas dans la possibilité de comprendre ce que ressentait Aylan à cet instant. Mais ce qu’il en percevait lui serrait inconfortablement le cœur, sans qu’il en saisisse la raison. Il posa finalement les deux genoux sur le gravier, pestant intérieurement sur la dureté du sol qui engourdissait ses délicats genoux princiers, même au travers de son pantalon et de ses cuissardes. Aylan sanglotait toujours, ça en devenait déstabilisant. Où était passé le si fier et froid Aylan ? Celui-là même qui l’avait traîné de force hors de sa chambre il y a peu, meurtrissant son poignet fin ? Dans un autre contexte, Ilario aurait trouvé cela fort pitoyable, déplorable et intolérable que le garde masqué ose briser si insolemment ses fantasmes sur lui.

Mais étrangement, Ilario ressentait.. de la compassion ? De la curiosité ? Certainement quelque chose proche de ça, oscillant vaguement entre les deux. Il posa finalement doucement sa main sur l’épaule de Aylan, frémissant à ce contact. Depuis le temps qu’il rêvait de le toucher.. peut-être était-ce l’occasion d’en profiter.. Aylan semblait affaibli, terrassé, presque docile.. avec un peu de manipulation et de consolation, le garde serait bientôt dans son lit, à son tableau de chasse, un nom de plus dans sa longue liste de conquêtes..

Eh oui, chassez le naturel, il revient au galop. Ilario redevenait finalement lui-même, pensant à nouveau comme toujours en termes de plaisir. Un frisson d’excitation l’électrisa entièrement depuis ses doigts qui touchaient la cape immaculée, irradiant de la chaleur corporelle de Aylan. Ilario pouvait sentir aussi que Aylan était trempé de sueur, ce qui n’enflamma que plus son imagination.

Mais pour l’instant, il fallait se calmer et ne rien montrer de ces pensées peu conventionnelles qui envahissaient son esprit libertin et dépravé de jeune noble débauché qu’il était. Il fallait se montrer doux, attentionné, consolateur. Comme il le faisait pour rassurer les tout jeunes servants innocents du Palais avant de les entraîner dans sa chambre ou ailleurs..

Il pressa cette épaule d’une manière qui se voulait réconfortante. Quel que soit le malheur qui tourmentait Aylan, il y avait profit à en tirer.


"Aylan…"

.. murmura-t-il d’une voix douce et pleine d’inquiétude, en se penchant lentement vers son cou, caressant la peau de son souffle.. Maintenant, il s’agissait de se montrer plein d’attentions.. Peut-être que cette journée ne serait pas complètement mauvaise, en fin de compte.

"Que s’est-il passé, Aylan ? Tu saignes.. ça doit faire mal.. Veux-tu que j’appelle quelqu’un ?"

Bien sûr, il n'avait pas la moindre intention d'appeler qui que ce soit. Nul besoin d'un gêneur alors qu'il avait enfin l'occasion rêvée d'être seul avec l'objet de ses fantasmes les plus torrides !
Back to top
Aylan Braccionni
Garde du corps du Prince Botelli

Offline

Joined: 26 Sep 2006
Posts: 208
Localisation: Près de mon Seigneur,à souffrir milles morts

PostPosted: 23/10/2006 17:27:30    Post subject: A la recherche de réconfort Reply with quote

Quelle situation désastreuse pour le garde du corps du Prince souverain de Venise. Lui à qui on avait interdit tout sentiment. Lui qui se cachait derrière un mur épais d’indifférence et de froideur, il fallait que le jeune Dauphin le découvre en cette piètre situation.
Dissimulant ses larmes derrière ses mains écorchées, sanguinolentes, Aylan poussait de petits gémissements plaintifs.
Cherchant à échapper aux regards scrutateurs d’Ilario, bien qu’il ne le voyait pas, il imaginait que derrière ces prunelles sombres, se cachait une accusation muette.
Il était évident que le Dauphin n’avait pas oublié les tragiques instants passés dans les appartements de Mefisto….sans oublier la menace qui avait échappée de ces fines lèvres alors qu’Aylan le tira de force vers son frère.
La voilà sa vengeance…..à présent, il pouvait aisément frapper alors qu’Aylan était à terre, désarmé, luttant contre les rafales de sentiments qui menaçaient d’engloutir son corps et son esprit.

Se camouflant désespérément derrière ses mains, baignant son masque doré du sang carmin s’écoulant de ses chairs mutilées, laissant des traînées rougeâtres sur sa joue visible, Aylan, se lamentant tentait de se recroqueviller en une position plus que soumise, prêt à recevoir la punition pourtant bien méritée du jeune Ilario.
Prêt au pire, Aylan se raidit doucement au son du crissement des graviers, alors qu’Ilario se mettait à genou à ses côtés.
Malgré tout ses efforts, il ne pu retenir un sanglot misérable qui s’évanouit lentement dans l’air…Non content d’avoir à cet instant le pouvoir entre ses mains, le jeune Dauphin voulait goûter à la satisfaction d’apercevoir ce visage défiguré par la souffrance, alors qu’il s’apprêtait à lancer sa terrible sentence.
Cherchant à garder le peu d’honneur qui lui restait, Aylan détourna le visage, à présent prêt à recevoir sa punition……en fait, il en était même assez heureux et tremblait non pas de peur et d’impatience.
Oui, à ses yeux, il méritait tout ce qui lui arrivait. Pour ne pas avoir réussit à protéger Chiaro du courroux de Mefisto, il était prêt à affronter la mort.
Un maigre sourire de consentement et de remerciement se peignit lentement sur ce visage voilé ravagé par les larmes. Baissant la tête, Aylan ferma les yeux. Voilà, il était prêt, Ilario pouvait frapper à présent, plus rien ne comptait à présent.

Mais quelle fut sa surprise de sentir une main douce et réconfortante se poser délicatement sur son épaule. Hoquetant de surprise, Aylan se figea sous ce geste doux.
A quoi jouait donc Ilario ?? Cherchait-il à mesurer la force de sa patience et de ses nerfs ??
Se retournant lentement, les lèvres entrouvertes, prêt à souffler une supplication, il eut la surprise de croiser un regard emplit de compassion.
Pourtant, les émotions qui sortaient de cet enfant était totalement opposé de ce qu’il cherchait à montrer. Pourtant, Aylan, dans son trouble émotionnel était parfaitement incapable de faire la part des choses et de déterminer quels étaient ses sentiments enfouis que Ilario cherchait à masquer.
Il décida donc de croire la folie et ingénieuse façade du Dauphin, s’imaginant qu’il était inquiet pour lui.
En un mouvement, Ilario était proche de lui, si proche qu’il pouvait sentir son souffle caresser sa nuque, l’électrisant mystérieusement. Ne cherchant pas à analyser cette nouvelle et étrange sensation, Aylan en conclu que cela faisait parti de son trouble émotionnel. Il faut dire également qu’il n’avait pas l’habitude que quelqu’un s’inquiète de sa santé.
Il était le garde du corps du Prince Botelli, destiné à mourir en protégeant son Seigneur, c’est tout.

L’inquiétude du jeune prince le toucha. Quelques larmes coulant toujours sur ses pâles joues, il esquissa un sourire triste.


« Je vous remercie Altesse, mais il est inutile de vous inquiéter pour moi. »

Baissant la tête, il porta son attention sur les multiples plaies ouvertes de ses mains. Les observant en silence, il soupira tristement.

« C’est inutile, je ne sens rien. De toute façon, ces blessures ne sont rien comparé aux multiples mutilations de mon cœur et de mon âme. »

Se tournant vers le Prince, il lui souri à nouveau, mais d’une façon assez tendre, les yeux rivés sur les tâches rougies des coups de Mefisto.

« Le plus important, c’est vous Altesse. Je suis désolé de ce qu’il s’est passé avec votre frère.
Comment vont vos blessures?"

_________________
"Chaques instants près de toi me tue un peu plus.....pourtant,je respecterais ma promesse.
Back to top
Ilario Botelli
Membre

Offline

Joined: 30 Sep 2006
Posts: 95

PostPosted: 03/11/2006 21:45:44    Post subject: A la recherche de réconfort Reply with quote

[Dur de s’y remettre après tout ce temps.. Dsl si c’est court.. ^^]

Aylan l’appelait Altesse sans une once d’ironie, pour une fois. C’était bon signe. Très bon signe. Et le garde masqué fixait à présent ses mains écorchées et ensanglantées avec une sorte de fascination morbide.. Mais il était difficile de deviner l’expression que pouvait bien afficher ce visage dissimulé.. La curiosité, vilain défaut, s’infiltrait dans les veines du jeune Dauphin.. Qu’avait-il bien pu se passer de si terrible et effroyable pour réduire le démon gardien, si fier et distant d’ordinaire ? Et à quel point Ilario pourrait-il profiter de sa faiblesse ?

Et voilà que Aylan prononçait une seconde phrase tout aussi obscure à l’esprit du jeune noble. En quoi son cœur et son âme devraient être blessés ? Aux yeux d’Ilario, tout démon devrait se sentir infiniment fier et honoré d’être au service direct du Prince de Venise, que bien rares étaient ceux qui pouvaient l’approcher.. Le jeune Dauphin ne pouvait pas imaginer ne serait-ce que le millième des douleurs qu’endurait l’aîné des Braccionni. Même si on lui avait expliqué longuement et durant des heures, il est peu probable qu’il puisse en saisir le problème. Le jeune Botelli avait décidément la tête bien creuse et l’esprit bien simple dès lors qu’il ne s’agissait plus de ce qui touchait aux plaisirs de la chair.

Enfin le garde lui faisait face à proprement dit.. en souriant.. Ilario écarquilla les yeux, la diffuse tendresse de ce sourire lui faisant l’effet d’une flèche droit dans le cœur. Aylan, sourire ? Pleurer, puis sourire.. Toutes ces actions totalement incompatibles avec le démon masqué s’enchaînaient à une allure incroyable ! Mais si Aylan lui souriait, à lui, Ilario Botelli, libertin dépravé, cela ne pouvait signifier qu’une chose. Il avait toutes ses chances de le traîner plus aisément que prévu dans son lit, en fin de compte.

Bien décidé de continuer dans cette voie qui semblait fonctionner à merveille, Ilario hocha gravement de la tête, son regard brillant ne lâchant pas Aylan.. Sa main quitta la peau de la nuque, effleurant du bout de ses doigts fins et délicats le cou, puis la mâchoire, s’arrêtant sur la joue humide, d’où il cueillit une larme chaude du bout du pouce.


"Ce n’était pas de ta faute, tu as bien agi comme ton rôle de gardien le veut.. Mon frère a été sévère, et je saurai ne plus le décevoir à l’avenir.."

**Ce qu’il ne sait pas ne le point le décevoir.. Cette leçon m’aura appris la prudence..**

Un doux sourire flotta sur ses lèvres encore un peu teintées de sang..

"Quoi qu’il te soit arrivé, si je peux faire quoique ce soit pour te soutenir, te soigner ou te soulager, Aylan, je le ferai de tout mon cœur.."

Ilario avait de son côté bien des idées pour "soulager" le beau garde si mystérieux, mais il les gardait pour lui, s’imposant patience. Il se contentait de le regarder avec inquiétude et gentillesse, sa main posée sur cette joue en partie dévoilée par l’étrange forme triangulaire du masque d’or.
Back to top
Aylan Braccionni
Garde du corps du Prince Botelli

Offline

Joined: 26 Sep 2006
Posts: 208
Localisation: Près de mon Seigneur,à souffrir milles morts

PostPosted: 08/11/2006 18:58:36    Post subject: A la recherche de réconfort Reply with quote

Observant toujours le jeune Botelli, l’inquiétude s’infiltra insidieusement en lui, alors qu’il venait de tendre une perche à Ilario, lui rappelant la fâcheuse situation dans laquelle il s’était trouvé quelques instants auparavant.

Pourtant, à sa grande surprise, face à son sourire, le jeune Prince afficha une stupeur incontrôlée, le fixant sans rien dire, les yeux écarquillés. Face à cette réaction, Aylan craignit avoir froisser l’ego surdimensionné du jeune Ilario.
C’est pourquoi il dissipa rapidement son maigre sourire amical, tentant de reprendre une allure distante et froide…..mais il se savait trahit par les larmes qui continuaient à s’écouler lentement le long de ses joues pâles. De plus, le garde du corps masqué devait offrir un bien effrayant spectacle…..le visage ravagé par les larmes, maculé de sang.
En effet, en plaquant ses mains sur son visage, Aylan n’avait même pas songé aux répercussions. A présent, sa joue libre présentait des traces rougeâtres, tandis que son masque dorée prenait une teinte toute particulière…..oscillant entre l’or et le carmin.
Il devait avoir l’air bien terrifiant affublé de la sorte…..pourtant, Aylan n’avait pas réalisé….enfin…pas encore. Il fallait dire également que la main posée délicatement contre le métal froid de son armure, la chaleur que cette peau pouvait dégager, tout cela l’obnibulait.

Il ne pouvait penser à rien d’autre qu’à cette douce et tendre chaleur s’infiltrant en lui…aux paroles réconfortantes du jeune Dauphin….au visage somptueux de ce jeune enfant.
Enfant qui hocha gravement la tête, ne le quittant pas des yeux.
Yeux qui se faisaient avides et brûlants, en parfaite contradiction avec la façade gentille, mature de son visage.
Une fois de plus, Ilario avait un plan machiavélique en tête, mais Aylan, réconforté par le ton et les gestes du Dauphin ne comprenait pas….ou ne voulait pas comprendre.
Tout ce que voulait l’aîné des Braccionni à ce moment précis, c’était de goûter encore et encore à cette douce chaleur qui irradiait de ce jeune démon, et pour cela, il n’hésitait pas à ce voiler la face……cherchant à se convaincre par tout les moyens que cet enfant n’avait aucune arrière pensée.
Mais en même temps, l’idée qu’il puisse inspirer de la pitié à quelqu’un lui était insupportable. Après tout , il était le garde du corps du Prince de Venise, destiné à inspirer crainte et soumission autour de lui….alors que quelqu’un puisse éprouver un autre sentiment à son égard….si les autorités l’apprenait, Aylan imaginait parfaitement la suite….
C’est pourquoi il chercha désespérément à reprendre la conversation à son avantage…faire en sorte que le jeune Dauphin épanche sur lui sa tristesse et sa douleur….et non l’inverse comme s’était actuellement le cas.
Mais il n’eut pas le temps d’esquisser un pas, faire un mouvement ou dire une parole que cette main à la chaleur si réconfortante quitta sa nuque. Face à ce geste, Aylan esquissa un geste, cherchant à replacer cette main à cette endroit…mais il stoppa rapidement son geste.
Il devait se reprendre…et rapidement…mais c’était plus facile à dire qu’à faire. Maintenant qu’il laissait libre cours à ses émotions, il avait du mal à reprendre le dessus.
De la tête, il suivit lentement la douce ascension de cette main, qui propagea sa douceur et sa chaleur d’abord sur son cou…l’électrisant à son contact….ensuite, ces longs doigts agiles effleurèrent sa mâchoire qui se crispa à son contact. Finalement, cette chaleur s’arrêta à hauteur de sa joue, la caressant, prenant possession de chaque centimètre de joue visible.
S’appropriant même les larmes qui s’écoulaient le long de cette peau froide.
Face à ce geste aussi surprenant, Aylan se contenta de river ses yeux dans ceux d’Ilario, la bouche entrouverte, assaillit par des émotions douces et amères.

Cherchant vraisemblablement à le réconforter, Ilario lui parla, totalement ignorant de la tournures qu’avait pris les choses après son départ. Ricanant doucement, Aylan esquissa un pâle sourire.


« Oui, j’ai fait ce que je devais faire…même si ça m’a énormément coûté. »

il était inutile de préciser qu’il parlait de la punition exemplaire qu’il avait due donner à son jeune frère….
Redressant à nouveau la tête, il fût accueillit et encouragé par un sublime sourire dévoilant une rangée de dents blanches, qui étaient néanmoins démarquées par une tache rougeâtre sur sa lèvre. La morsure qu’il s’était faite.
Totalement sourd à la suite de la conversation, subjugué par cette petite coupure, Aylan approcha lentement sa main de ce doux renflements rosé.
Il promena lentement le bout de ses doigts sur la coupure, avant dé réaliser son geste…mais il était trop tard. Son propre sang s’était déjà posé sur ces lèvres juvéniles.
D’un bond, il se redressa et marcha en direction de la fontaine, sortant un poignard tout en commençant à déboutonner sa cape blanche.

Une fois dépossédé de sa cape, seul son armure lui offrait encore un rempart sûr contre les assauts. Se penchant au-dessus de la fontaine, il déchira un petit bout de tissus blanc et le plongea lentement dans l’eau.
Il patienta quelques instants, le temps que le tissus s’imbibe…..totalement inconscient qu’à présent, il offrait un tableau à lui tout seul.
En effet, sans ce lourd camouflage large, masquant son corps et ses formes, Aylan était à la merci des regards avides du jeune Dauphin.
Il faut dire que toutes ces années d’entraînement lui avait permit de se sculpter un corps magnifique. Corps qu’épousait parfaitement son armure, fait sur mesure pour lui, agissant comme une seconde peau contre lui, le moulant à chaque endroit.
Ainsi, Ilario pouvait observer avidement la force de ses épaules, la largeur de son dos, la puissance de ses cuisses, le certain volume de ses bras….mais tout ça, Aylan en était parfaitement inconscient.
C’est ainsi qu’il repartit docilement en direction du jeune Botelli, pour finalement lui appliquer le tissus glaciale sur sa plaie, en un sourire réconfortant.


« J’espère de tout cœur que votre Altesse me pardonnera un jour pour ce qu’il s’est passé….nous avons tous perdu quelque chose dans cette histoire.
Si il y a quelqu’un à soigner ici, c’est bien vous Altesse….vous êtes bien trop fragile. »

_________________
"Chaques instants près de toi me tue un peu plus.....pourtant,je respecterais ma promesse.
Back to top
Ilario Botelli
Membre

Offline

Joined: 30 Sep 2006
Posts: 95

PostPosted: 26/11/2006 11:33:41    Post subject: A la recherche de réconfort Reply with quote

[HJ : En retard, moi ? Meuh non voyons.. ^^]

Une fois de plus, la réponse de Aylan lui était restée obscure. Comment les gifles qu’avait reçu le jeune Dauphin auraient-elles pu coûter au garde insensible ? Ilario sentit sa curiosité s’aiguiser encore. Quelque chose avait dû se passer entre son frère et les Braccionni après son départ. Quelque chose de grave. Aylan aurait-il été puni ? Mais pourquoi ? Mille questions lui brûlaient les lèvres, en plus du sang de sa coupure, et son désir pressant de les poser sur celles d’Aylan. Aylan qui éleva comme au ralenti sa main ensanglantée et écorchée, pour toucher sa coupure du bout des doigts.

Le jeune Prince tressaillit, aussi bien pour ce contact inespéré, que pour les fourmillements et picotements qui lui chatouillèrent sa lèvre sensible lorsque le sang chaud du garde se mêla au sien. Voilà une sensation qui était nouvelle. Et Ilario aimait la nouveauté.
Soudain, tout ce sang n’avait plus rien d’effrayant, mais agissait sur son corps frêle et princier comme un puissant aphrodisiaque. De multiples fantasmes nouveaux et inconnus déferlèrent dans son esprit dépravé, allumant une lueur qui n’avait rien d’innocent dans ses prunelles sombres. Il se voyait mêler son souffle et son sang à celui de l’aîné des Braccionni, le renverser sur le sol souillé de sang, et lécher la moindre parcelle ensanglantée de son corps.. Après tout, malgré les apparences, Ilario restait un Démon d’une puissante lignée, et ce goût héréditaire pour le sang apparaissait également en lui, bien que moins puissant que celui de son grand frère, le Prince de Venise.

Oui, Ilario en oubliait son plan de manipulation, ses yeux brûlant à présent d’un désir tout à fait évident, alors qu’il passait lentement, très lentement, le bout de sa langue humide sur ses lèvres, y goûtant la saveur subtile et enivrante de leurs sangs mêlés. Malheureusement (ou heureusement ?), Aylan choisit le moment où Ilario allait réaliser sur lui ses pensées impures, pour se lever d’un bond. Dépité, le Dauphin releva son visage fin et pâle pour observer Aylan s’éloigner. Il y était presque ! Quel dommage !

Mais il semblait que ce n’était pas encore la fin, pensa lubriquement Ilario en voyant Aylan défaire sa cape immaculée. Fixant avec intensité et une curiosité macabre le moindre des gestes de l’objet de ses désirs impurs, il se leva d’un mouvement fluide et presque séducteur, inconsciemment. La place élevée qu’occupait le garde du Prince de Venise dans sa liste personnelle de fantasmes à réaliser se trouvait largement justifiée. Le regard de Ilario voyageait sans pudeur sur l’armure du garde, son imagination débordante et dépravée le déshabillant du regard.

Aylan semblait inconscient de l’effet qu’il produisait sur Ilario. Provocateur (du moins, aux yeux de Ilario), il s’était penché sur la fontaine.. Le temps que Aylan en ait terminé et revienne vers le jeune Prince, le désir consumait littéralement ce dernier. Tout son corps, son attitude, son regard, criaient un désir mal contenu. Voyant presque flou, il vit comme dans un rêve Aylan s’approcher, s’approcher encore, jusqu’à se retrouver tout juste face à lui, enveloppant Ilario de sa présence, son odeur et sa chaleur corporelle. Et surtout, cette délicieuse odeur de sang. Les yeux rivés sur ces lèvres désirables qui prononçaient des paroles qu’il n’entendait même pas, ou ne comprenait pas, il laissa échapper un léger gémissement plaintif au contact froid sur ses lèvres brûlantes. Alors, quelque chose se brisa en lui : était-ce son contrôle de lui-même ou sa volonté ? Quoiqu’il en soit, il saisit d’une main le tissu glacé, le retirant de son visage vivement, et saisit à nouveau la nuque d’Aylan de l’autre, les cheveux du garde s’emmêlant autour de ses doits gracieux et fins. Et, sans l’ombre d’une hésitation, il captura ses lèvres avec les siennes encore glaciales du tissu, et ensanglantées.

Ce n’était bien sûr pas la première fois que Ilario embrassait Aylan par surprise. Mais cette fois-ci était différente. D’ordinaire, il se contentait de le tenter ou le taquiner d’un simple et chaste baiser, parfois un simple effleurement de lèvres, mais jamais plus. Or, à cet instant, non seulement il avait immédiatement entrouvert les lèvres et fermé ses beaux yeux, mais il ne perdit pas une seconde pour glisser un bout de langue tentateur sur les lèvres d’Aylan, quémandant la permission d’approfondir.

De son côté, Ilario était bien trop pressé par son désir ardent pour penser à quoique ce soit. Il ne laisserait pas une chance au garde de lui refuser ce qu’il lui offrait. Tout en l’embrassant, il se lova contre ce corps musclé qu’il convoitait depuis si longtemps, l’enlaçant d’un bras pour coller étroitement leurs torses l’un contre l’autre. Il ne remarqua pas la silhouette sombre qui les observait discrètement de loin…
Back to top
Aylan Braccionni
Garde du corps du Prince Botelli

Offline

Joined: 26 Sep 2006
Posts: 208
Localisation: Près de mon Seigneur,à souffrir milles morts

PostPosted: 14/12/2006 17:38:30    Post subject: A la recherche de réconfort Reply with quote

Mais qu’est ce qui lui arrivait ?……Alors qu’il appliquait délicatement le linge froid sur ces jeunes et sensuelles lèvres, Aylan était totalement subjugué par ce feu brûlant et intense qui crépitait au fond de ces prunelles sombres.
Tout chez le jeune Dauphin lui hurlait un désir mal contenu, pourtant, Aylan se sentait à son tour consumé par ce feu ardent.

Il savait pertinemment qu’il devait se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard, mais à ce moment précis, il en était bien incapable. Ce visage si proche du sien. Ces traits si semblables à son frère, homme qui hantait ses nuits depuis si longtemps déjà….chaque parcelle de son être vibrait pour une raison inconnue d’un désir immergeant qui le laissait sans répit et totalement bouleversé.
Le gémissement qui s’échappait de ses adorables lèvres le fit frissonner…..une onde électrique lui parcoura l’échine….un courant électrique qui lui laissa quelques stigmates après son passage. La respiration haletante qu’il avait du mal à masquer, la chair de poule qui s’installait traîtreusement le long de ses bras.

Aylan sentait bien que sa chaleur corporelle avait grimpée d’un cran….pourtant, la main brûlante du jeune Ilario lui faisait penser à un fer rouge qui le brûlait à son contact.
Cette main encore juvénile s’enroula d’un geste brusque autour de sa nuque, tandis qu’il lui arrachait brutalement le tissus des mains.
Cette main chaude posée sur sa peau…..leur deux chaleur qui communiquaient, qui fusionnaient l’une l’autre.
Totalement déconnecté du monde, Aylan gardait les yeux rivés sur ce si joli minois, son désir grandissant.
Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas éprouvé cet attrait…..si longtemps qu’il errait seul, évitant soigneusement d’avoir quelqu’un dans sa vie. Sa dernière conquête remontait à l’époque où il avait été subjugué par le fils du Duc de Borgia. Il avait simplement pensé que cet homme aux charmes indéniables serait capable de lui faire oublier Mefisto….mais malgré son acharnement et le temps passé ensemble, rien n’avait changé….Aylan ne pouvait oublier le Prince de Venise. C’était pour cette raison qu’il l’avait mystérieusement quitté et qu’il se refusait à présent toute liaison.
Mais Aylan était un homme après tout….et cette longue abstinence lui était pénible….surtout lorsque l’on se trouvait face à Ilario Botelli, jeune démon qui savait user de ses charmes à la perfection.

Le bruissement léger de ses cheveux se mélangeant autour des doigts princiers, cette main qui courait légèrement contre sa nuque, ces yeux fou, brûlant d’un désir ardent…..mais surtout ces lèvres ourlées d’où coulait une goutte de sang, entrouverte en une invitation muette mais pourtant si tentante.
Avant qu’il n’ai pu esquisser le moindre geste, le jeune Dauphin s’était couler contre lui, capturant ses lèvres en un baiser vorace……ce jeune homme était-il assoiffé ??
Baissant les yeux, Aylan pu constater que cette fois-là était bien différente des anciennes occasions dans lesquels Ilario s’était permis ce genre de comportement.
Non, là, c’était….plus intense….voir ces yeux limpides se refermer automatiquement, prêt à savourer cet instant….mais surtout sentir cette langue mutine caresser timidement ses lèvres en une demande silencieuse…..tout cela fit perdre pied à Aylan.

Cela faisait si longtemps qu’il n’avait pas éprouvé ça…..surtout que la personne en face de lui n’était autre qu’un Botelli…et savoir que le sang de Mefisto coulait dans ces veines acheva de faire fondre ses dernières réserves.
Dans un gémissement, il entoura le jeune Dauphin de son bras protecteur, le serrant contre lui à l’en étouffer. D’un geste vif, il posa son autre main sur ces doux cheveux de jais.
Fermant les yeux à son tour, penchant la tête afin d’approfondir ce baiser, Aylan entrouvrit à son tour les lèvres, laissant cette jeune et douce langue princière pénétrer dans son espace.
Rapidement, il se prit à jouer avec cet intrus, tandis que ce baiser ce faisait de plus en plus sensuel.

Bon sang……si ça continuait, il serait bien incapable de se retenir….Aylan était tellement absorbé que lui non plus n’avait pas vu ni même senti une présence non loin d’eux…..personne qui ne devait pas perdre une miette du sublime tableau que ce couple composait.

_________________
"Chaques instants près de toi me tue un peu plus.....pourtant,je respecterais ma promesse.
Back to top
Chiaro
Garde du corps et nounou du prince Ilario

Offline

Joined: 02 Oct 2006
Posts: 147

PostPosted: 23/12/2006 11:21:46    Post subject: A la recherche de réconfort Reply with quote

Un pas... puis un autre... et encore un autre... puis d'autres, encore et encore... Chacun d'eux rendait la douleur plus forte encore. Elle était là, lascinante, croissant de manière expansible à chacun de ses gestes : le moindre mouvement était comme une séance de torture. Et pourtant, il continuait de marcher, rassemblant tout ce qui lui restait de courage. Si seulement il avait pu, au moins, se soigner, panser les plaies béantes qui zébraient son dos meurtri d'où coulait un fleuve de sang dont on aurait dit que la source était intarissable, tout comme sa souffrance... Il n'avait absolument pas besoin de le voir pour savoir que sa chemise autrefois immaculée n'avait plus rien de blanc, complètement teinte par le sang carmin à peine en partie coagulé, soudant le tissu contre ses blessures, les irritant et empêchant celles-ci de se refermer, de cicatricer. Ca rendait cela plus insupportable encore et tout frottement était comme un nouveau coup de fouet. Ah ! son frère ne l'avait pas loupé sur ce coup-là ! Mais bon, le seul responsable, c'était lui... Aylan n'avait fait qu'obéir aux ordres.

Il ne lui en voulait pas pour ça, sachant qu'il en aurait certainement fait de même si l'ordre lui en avait été donné. Ils n'avaient pas le choix, ni l'un ni l'autre. Plus que de simples gardes du corps, ils en avaient été réduits à être les esclaves des frères Bottelli, maîtres de Venise. La seule différence avec les lycans dégenuillés qui servaient les autres démons, c'était le faste. Quel manque de goût pour un prince que d'employer des gens qui juraient affreusement avec les décors somptueux du palais et la beauté ensorcellante de ceux qui y vivaient, à commencer par le seigneur Mefisto. Ainsi, ils employaient des démons comme lui et son frère, issus d'une noble et ancienne famille de démon dont la puissance et la beauté n'étaient ignorées de personne en cette ville. Rien que le nom des Braccionni suffisait à faire trembler les habitants de Venise. Chiaro n'en abusait pas. Comment l'aurait-il pu, lui qui passait sa vie cloîtré dans le palais depuis des années, devenu comme l'ombre de son protégé qui ne pouvait sortir non plus, bien qu'il parvienne encore à s'échapper.

Ilario lui échappait d'ailleurs si souvent qu'il passait le plus clair de son temps à le chercher et à réparer ses bêtises. Parfois, elles étaient telles qu'il était puni à sa place, comme ce fut le cas ce matin-la. Son protégé avait en effet été retrouvé dans la gueule du loup : dans les geôles où étaient retenus prisonniers les princes du peuple lupin de la ville. Aylan l'avait puni pour ça et son dos se souvenait de chaque coup qu'il lui avait porté, profondément gravé dans ses chairs désormais en lambeaux. En public en plus ! Comme pour mettre un comble à sa honte. Les coups de fouet avaient eut tôt fait de déchirer la peau blanche et si délicate de son dos et ils l'avaient laissé en sang.

Maintenant, il avançait péniblement, livide, plus blanc que la mort, dépourvu d'une grande quantité de sang. S'il avait été humain, il en serait mort depuis longtemps, mais il était un démon, comme celui qui lui avait donné l'ordre de se relever et de marcher pour réparer sa faute, de se lever pour aller chercher Ilario, enfant trop gâté qui avait fui la giffle retentissante et magistrale administrée par son frère, le seul être agrée pour porté la main sur lui... On se remet difficilement d'une première giffle, d'autant quand elle se multipliait. Heureusement pour lui, Chiaro savait très bien où chercher son maître : il n'ignorait pas qu'à chaque fois qu'il était contrarié Ilario se rééfugiait dans le jardin, peut-être pour bouder, peut-être pour pleurer, ça, il ne le savait pas.

Mais bon, ça lui faisait une bellee jambe de savoir ça : le jardin intérieur était beaucoup plus vaste que ce que l'on aurait pu croire de l'extérieur. Il s'étendait en effet sur une autre dimension, prouesse due au fait que son constructeur était un architecte démoniaque très puissant. Tant bien que mal, le cadet des Braccionni s'y engagea, suivant son instinct, tous ses sens aux aguets.

C'est alors que la scène lui apparut dans toute son intensité, dans toute sa violence, au détour d'un sentier. Comment aurait-il pu imaginer une telle chose ? Il resta là un moment, immobile, incrédule, à moitié dissimulé par la végétation sans même avoir eut un seul instant l'intention de se cacher. La surprise l'avait tout simplement cloué sur place. A présent, il regardait non seulement le prince Ilario, mais aussi l'homme dans les bras duquel il était. Le reconnaître avait été pour lui comme recevoir un coup de poignard en plein coeur : c'était Aylan ! Son propre frère, la personne dont il avait fait son modèle, venait de briser l'image de perfection qu'il avait de lui. C'était la fin de toutes ses illusions, de tous ses espoirs aussi...

Le jeune démon sentit les larmes lui monter aux yeux puis se répandre sur ses joues, brûlantes, comme si on y avait appliqué des fers encore rougis par le feu. A la douleur physique venait se rajouter l'anéantissement moral. Il n'avait plus rien à quoi se raccorcher : toutes ses illusions avaient volé en éclat à la vue de ce couple enlacé. Et il pleurait en silence, sentant le goût salé de ses pleurs sur ses lèvres trop sèches. Toute sa frustration de la journée s'écoulait lentement alors que ces lèvres si pareilles aux siennes se mélaient à d'autres lèvres, alors que sa bouche, jumelle de la sienne, était soudée à celle d'Ilario que son frère dévorait avec une passion débordante. Le sang de Chiaro ne fit qu'un tour lorsqu'il vit la main caressante de son seigneur sur la peau déjà mise à nue du torse viril de son frère aîné.

Il se reprit brusquement, secouant la tête, faisant voler ses folles mèches d'ébène, avant de sortir brusquement de derrière son buisson, sa cachette involontaire improvisée, comme si ça pouvait les surprendre : les deux amants étaient tellement plongés dans leur baiser qu'ils ne pouvaient rien voir d'autre qu'eux-mêmes apparemment. Sa voix tonna, impétueuse comme elle ne l'avait jamais été. Il cria sa colère et sa tristesse d'une voix si forte qu'elle ne pouvait que faire sursauter les deux autres.


" Mon frère ! "

Poings serrés, il attendait des excuses qu'ils ne lui devaient pas, d'inutiles explications, sans rien dire, s'enfermant dans un silence pesant. Non pas rouge de colère, mais aussi blème qu'au moment où il avait du se relever de sa punition, au balcon du palais, il se contentait de les regarder. Et ses yeux verts brillaient non de colère, mais de tristesse : son frère l'avait plus cruellement déçu que tout ce qu'il aurait pu imaginer...
_________________
Back to top
Visit poster’s website
Display posts from previous:   
Post new topic   Reply to topic    Venise la Magnifique Forum Index -> Le Palais du Prince Botelli -> Les Jardins All times are GMT
Page 1 of 1

 
Jump to:  
 
     
Original World of Warcraft™ Horde forum design by boo, 2004 - ez-life.net
World of Warcraft™ is a trademark and Blizzard Entertainment is a trademark or
registered trademark of Blizzard Entertainment in the U.S. and/or other countries.

Index | Administration Panel | Create a forum | Support forum | Forum directory | Legal notices | Report a violation
Powered by phpBB © 2001, 2008 phpBB Group